Sécheresse au nord du Mexique

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Sécheresse au nord du Mexique

Messagede Mayapan » 27 Jan 2012, 11:35

Une sécheresse exceptionnellement grave touche la moitié nord du Mexique. Particulièrement vulnérables, certaine communautés Tarahumaras sont contraintes à d'incertaines migrations.

Humberto Rodarte, spécialiste de l'environnement à l'Institut technologique de Monterrey : "Le réchauffement climatique accentue l'aridité. Mais les conséquences actuelles de la sécheresse sont plutôt liées à la déforestation et à l'irrigation abusive de zones désertiques pour les rendre cultivables. Le plan gouvernemental arrive tard, alors que les Indiens et les petits agriculteurs sont délaissés, depuis des années, par des politiques publiques qui manquent de planification et ne luttent pas assez contre la corruption."

A lire sur Le Monde :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html
Blog de lectures mexicaines, latinoaméricaines et hispaniques. http://lecturehispanoamericaine.blogspot.com/
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Re: Sécheresse au nord du Mexique

Messagede Xochitl » 27 Jan 2012, 19:00

Merci pour cet article Mayapan.
:fleche: Lisez l'intégralité de l'article sur Le Monde.
:sm11: Modératrice
On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. N.Bouvier

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Re: Sécheresse au nord du Mexique

Messagede Bern » 11 Fév 2012, 22:28

Oué.
Les communautés du Guanajuato que nous visitons avec La Mano Rosa n'ont que le maïs comme culture (plus le nopal et un autre truc, je sais plus quoi).
Comme l'on m'a dit à San Miguel : Vous faites pousser le maïs pour nourrir les animaux, nous on le mange.

Eh ben cette année, walou le maïs.
Cette saloperie de céréale, il lui faut de l'eau pour croître.
Et de l'eau, yenapa depuis plus de 9 mois.
Alors pour manger, les indigènes doivent acheter du maïs. Importé et cher.
Pour avoir des sous, ils doivent vendre le nopal au lieu de le manger.
En gros, c'est un peu la galère ces temps-ci.

Cette année, La Mano Rosa a augmenté la quantité de rations alimentaires distribuées, au détriment des jouets.
Mais bon, hein, on ne joue bien qu'avec le vendre plein, non ?


PFFFFFFFT
J'ai les boules.

:(

le fléau touche également les Etats de Coahuila, Nuevo Leon, Aguascalientes et Guanajuato.

http://www.lalibre.be/archives/divers/a ... 0-ans.html
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Re: Sécheresse au nord du Mexique

Messagede Xochitl » 27 Fév 2012, 21:46

Un autre article sur la sécheresse qui touche la région de la Sierra Tarahumara, proche de Chihuahua. Je copie égalemebt l'article (un peu long) car les liens internet ne restent pas.
http://www.courrierinternational.com/ar ... ir-de-faim (il y a des vidéos intégrées au texte)

Ils auraient pu ne pas mourir de faim
La famine qui sévit chez les Indiens Rarámuris de la Sierra Tarahumara aurait pu être évitée. Mais les autorités ont attendu que des enfants meurent pour se mobiliser.
Image

24.02.2012 - Courrier International

Les décès liés à la dénutrition enregistrés dans la Sierra Tarahumara [au cœur de la chaîne de la Sierra Madre occidentale, dans l’Etat de Chihuahua] constituent l’épilogue d’une longue série d’erreurs commises par le gouvernement fédéral. En effet, alors qu’il était informé du risque de pénurie depuis le début 2011, ce n’est qu’à la dernière minute et sous la pression sociale qu’il a enfin mis en place un plan d’urgence humanitaire pour les Etats du nord-ouest du pays touchés par une sécheresse sans précédent.

Le 2 février, coiffé de son béret de chef des forces armées, le président Calderón s’est donc rendu dans la Sierra Tarahumara, où il a participé au déchargement d’un hélicoptère rempli de vivres et d’eau potable, et a donné l’ordre à l’armée d’approvisionner les villages en détresse.

Pourtant, au début de son mandat [qui a débuté fin 2006], l’une des premières initiatives de son gouvernement avait été d’exclure les Indiens Rarámuris du programme d’aide prioritaire aux cent vingt-cinq municipalités les plus pauvres, alors même que, sur les dix communes les plus misérables identifiées par les Nations unies, six étaient occupées par des communautés rarámuries, et qu’il est de notoriété publique que ces situations d’urgence reviennent de façon cyclique.

Le journal Milenio rapporte par ailleurs que, depuis le début du mandat de Calderón, 20 000 Rarámuris ont été exclus du dispositif Oportunidades, principal programme mexicain d’assistance aux plus démunis, sous prétexte qu’ils ne respectaient pas l’obligation, prévue par celui-ci, de se rendre dans des écoles ou des centres de santé à plusieurs jours de marche de chez eux. Pour ne rien arranger, le gouvernement de l’Etat de Chihuahua a réduit cette année de 14 % le budget déjà très modeste de la Coordination étatique de la Sierra Tarahumara, agence chargée de distribuer les aides aux Indiens Rarámuris, Pimas et Guarojíos des montagnes. La négligence et l’indifférence des autorités vont avoir des conséquences difficiles à assumer. Celles-ci commencent déjà à se faire sentir : les hôpitaux des montagnes voient affluer des enfants souffrant de dénutrition. La pénurie d’eau potable a provoqué la première épidémie d’hépatite dans un centre d’accueil de l’enfance ; faute de conditions d’hygiène élémentaires, des cas de gale ont été détectés, et les prix des produits alimentaires ont doublé, comme dans plusieurs autres régions frappées par la catastrophe.


“Nous continuons de recevoir des enfants. Au cours des tout derniers jours, il en est arrivé vingt-quatre, souffrant de dénutrition à divers degrés, et nous en avons hospitalisé trois”, raconte le jésuite José Guadalupe Gasca, directeur de la clinique Santa Teresita de Creel, qui fait office de baromètre de la situation dans ces montagnes. Le premier enfant est décédé en novembre. Avant cela, six adultes étaient morts de faim à Carichí.

En février 2011 – une forte gelée avait brûlé la couverture végétale et la sécheresse s’annonçait déjà –, les organisations paysannes du bloc El Campo No Aguanta Más [Les campagnes n’en peuvent plus] se sont rendues au ministère de l’Agriculture, à la Chambre des députés et au Sénat pour exiger des mesures préventives et l’instauration de l’état d’urgence dans plusieurs centaines de communes.


“Les agriculteurs avaient baptisé leur initiative ‘La faim n’attend pas’”, explique Victor Suárez, directeur exécutif de l’Association nationale des entreprises de commercialisation des produits des champs (Anec). “Nous sommes arrivés avec des documents, nous avons organisé des conférences de presse, rencontré des législateurs et des hauts fonctionnaires. Lors d’une réunion au Sénat, le président de la commission de l’Agriculture, Alberto Cárdenas, a déclaré : ‘Au Mexique, personne ne meurt de faim, mais ce qui est sûr, c’est que celui qui ne travaille pas ne mange pas’, minimisant ainsi le problème, comme continuent de le faire les ministres de l’Economie et de l’Agriculture”, déplore-t-il.

A l’époque déjà, les organisations paysannes avaient formulé plusieurs revendications urgentes : constitution de réserves alimentaires ; développement des mises en culture sur l’Altiplano et dans les provinces du sud-ouest et du sud-est du pays, afin de compenser les pertes de récoltes du nord ; programmes d’emplois saisonniers pour compenser les pertes de revenu des paysans affectés par la sécheresse ; extension des programmes de distribution de lait Liconsa [subventionnés par l’Etat] et des magasins communautaires Diconsa (pour éviter une flambée des prix), et mise en place de soupes populaires. Tous ces documents datent de février 2011, soit un an avant que le président ne fasse partir des camions-citernes et des hélicoptères d’aide humanitaire.



“Nous avions tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps, mais le gouvernement a fait la sourde oreille aux mises en garde, aux signaux et aux propositions qui permettaient de faire face à l’urgence et de poser les bases d’un changement de modèle. Nous voyions déjà venir non seulement la sécheresse et les gelées, mais aussi le doublement ou le triplement des cours des produits alimentaires sur les marchés internationaux”, souligne Suárez.



La sécheresse a affecté 1 213 communes dans 19 Etats, les plus gravement touchés étant ceux de Chihuahua [nord], Durango [nord-ouest], San Luís Potosí [nord-est] et Zacatecas [nord]. Cette absence de planification a été aggravée par la lenteur des décisions et les luttes partisanes. En janvier, le président a opposé son veto au versement des 10 milliards de pesos [600 millions d’euros] que le Congrès fédéral avait alloués à l’aide d’urgence, sous prétexte que la stabilité financière du pays était menacée.

Ni les critiques des partis politiques qui se sont élevés contre ce veto, ni les marches des paysans, ni l’annonce des premiers décès par dénutrition n’ont fait changer d’avis l’exécutif. Il a fallu, pour faire réagir Calderón, que les réseaux sociaux diffusent la vidéo du leader paysan de Chihuahua Ramón Gardea annonçant le suicide de cinquante Rarámuris désespérés (information ultérieurement démentie par les autorités), ce qui a provoqué un grand élan de solidarité citoyenne et l’ouverture de centres de réserves alimentaires.

Le 25 janvier, Calderón a lancé un programme d’ “actions visant à pallier les effets de la sécheresse”, débloquant 33 milliards de pesos [1,9 milliard d’euros] d’aide aux régions sinistrées. Il a également ordonné le déploiement de brigades sanitaires, l’approvisionnement permanent en eau des fermes laitières, le creusement de puits et l’accélération de la distribution des ressources des programmes sociaux.

Selon Carlos Zarco, directeur d’Oxfam Mexique, la famine qui sévit dans la Sierra Tarahumara est due à tout un faisceau de causes : absence de précipitations, manque d’équipements de récupération de l’eau (95 % des eaux pluviales se perdent par infiltration ou ruissellement), surexploitation des sols et déforestation. S’il est effectivement urgent de distribuer les réserves, souligne-t-il, il faut également mettre en œuvre avant le mois de juillet divers projets de préservation des sols et de rétention des eaux par le biais de petites infrastructures communautaires. Il faut aussi créer des potagers destinés à l’autoconsommation afin que les populations disposent de réserves alimentaires pour le prochain cycle. Chaque projet coûterait dans les 300 000 pesos [18 000 euros].

Reste à savoir si le gouvernement fédéral et les gouvernements locaux sauront coordonner leurs actions pour affronter l’urgence et continuer à fournir des vivres et de l’eau même après les élections [présidentielle et législatives du 1er juillet 2012]. La survie de milliers de familles en dépend.



Concernant les Indiens Rarámuris

Les Indiens aux pieds légers

"Cela fait cinq cent ans que les Indiens Raramuris -comme ils se prénomment eux-mêmes et qui signifierait 'hommes aux pieds légers' car ce sont des marcheurs infatigables - ou Tarahumaras -comme les ont prénommés les colons espagnols- font de la résistance", souligne l'ethnologue José Manuel del Val Blanco dans l'hebdomadaire Proceso. Un peuple qui, selon Antonin Artaud qui leur a consacré un magnifique livre - Les Tarahumaras, (Ed. Gallimard, 1974) - "ne se laissera dominer par aucune civilisation".

Ces semi-nomades qui vivent sur les hauts plateaux en été et au fond des canyons de la

majestueuse et réputée magique Sierra Madre Occidentale en hiver, ont toujours su préserver leur culture face aux colons espagnols puis aux jésuites... Plus récemment, ils doivent faire face aux industries du bois et aux trafiquants de drogue....

"Ils ne descendent de leurs montagnes que lorsque les récoltes sont mauvaises", souligne del Val Blanco qui souligne qu'il "suffirait de leur donner la propriété de leurs terre et qu'ils exploitent eux-mêmes leurs forêts pour qu'une fois pour toutes, ils puissent établir les bases de leur progrès".
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