Retour de la coiffe dite de "Moctezuma"

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Retour de la coiffe dite de "Moctezuma"

Messagede Cacalotl » 24 Jan 2011, 06:48

C'est un serpent de mer quasiment aussi vieux que le Mexique est indépendant. Considéré chauvinement comme l'artefact le plus important du patrimoine mexicain à l'étranger, cette coiffe est réclamée à corps et à cris sur sa terre d'origine. L'Autriche, où il se trouve actuellement, a fait une proposition d'échange temporaire de la coiffe contre le carosse de Maximilien de Habsbourg, deuxième empereur du Mexique. Apparemment le gouvernement mexicain et l'INAH serait disposé à accepter les termes proposés par les autorités autrichiennes...

Pour en savoir plus, cliquez sur le titre de ce post ou lisez directement l'information directement sur le site du quotidien Milenio : http://impreso.milenio.com/node/8897478

Apparemment beaucoup de Mexicains se moquent de cette information et estiment qu'il y a d'autres chats à fouetter, la récupération de la coiffe passant plutôt pour une distraction chauviniste qui élude les problèmes globaux que connaît le pays.
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sur la coiffe dite de "Moctezuma"

Messagede ARNALDUS » 01 Mar 2011, 22:52

voici pour votre information un article paru dans le Monde du 13 février 2011


Combat de coqs au sommet à propos de la couronne de Montezuma
Article paru dans l'édition du 13.02.11
Le Mexique réclame à l'Autriche le Penacho, coiffe d'un grand prêtre aztèque
C 'est un éventail d'un vert irisé, avec des touches d'or, de bleu turquoise et de rouge intense. Une fragile merveille, dont la vue est réservée, depuis des années, aux experts admis par le Musée ethnographique de Vienne : le Penacho (photo) est l'unique coiffe rituelle de plumes datant de l'empire des Aztèques à avoir résisté aux siècles et aux guerres. Mais aussi à une controverse entre l'Autriche, propriétaire légitime de ce que l'on a longtemps appelé la « couronne de Montezuma », et le Mexique, qui la considère comme son héritage irremplaçable.

Officiellement, le pays latino-américain ne demande pas sa restitution, mais son retour sur la terre ancestrale grâce à un « prêt temporaire ». L'affaire a donc valeur de test pour toutes les querelles bilatérales concernant des biens culturels. Elle a été récemment relancée par un article du quotidien autrichien Kronen Zeitung, publié à l'instigation de Mexico, qui avait contracté une agence de relations publiques : sous le nom de code « Guajolote » (mot nahuatl pour le dindon, domestiqué par les Aztèques), se préparait un échange temporaire, le Mexique obtenant que lui soit confié le Penacho, tandis que l'Autriche recevrait le carrosse d'apparat de l'empereur Maximilien, exposé dans l'entrée du château de Chapultepec, au centre de Mexico, ainsi qu'un bouclier de plumes précolombien, issu de la collection personnelle de l'éphémère souverain. Ce rejeton libéral des Habsbourg a régné sur le Mexique de 1864 à 1867 avant d'être fusillé par les républicains de Benito Juarez.

Si l'on en vient à un « prêt temporaire », sa sécurité juridique devra être scellée par un vote des deux Parlements, qui n'est pas gagné d'avance. En Autriche, seuls les Verts se sont clairement prononcés pour le retour du Penacho, en signe de gratitude, le Mexique ayant été l'unique membre de la Société des nations, en 1938, à protester contre l'Anschluss. Côté mexicain, ce sont les gouvernements conservateurs de Vicente Fox, puis de Felipe Calderon, élu en 2006, qui ont fait du Penacho une question de principe, alors que leurs prédécesseurs du Parti révolutionnaire institutionnel ne s'en étaient guère souciés, laissant cette cause aux intellectuels et à des organisations indiennes.

L'une d'elles a longtemps campé devant le Musée ethnographique de Vienne, sur la Heldenplatz, afin de sensibiliser l'opinion publique.

L'opération « Guajolote » a-t-elle des chances de réussir ? Quelques jours après le scoop de l'influent Kronen Zeitung (qui avait jadis conseillé aux Mexicains d'« oublier toutes ces bêtises au sujet de la couronne de plumes », et de se consoler avec une bonne escalope viennoise), la vice-ministre mexicaine des affaires étrangères, Lourdes Aranda, a débarqué à Vienne. « Il ne s'agit plus seulement d'un thème culturel, mais d'un thème politique de premier plan dans l'agenda bilatéral », a-t-elle déclaré au quotidien Der Standard.

Après avoir confirmé à la radio autrichienne le projet d'échange, Sabine Haag - directrice du Musée des beaux-arts de Vienne (le Kunsthistorisches Museum, dont dépend le Musée ethnographique) - a précisé, dans un communiqué, qu'il fallait d'abord déterminer si le Penacho est transportable, ce à quoi s'emploie depuis un an une commission d'experts autrichiens et mexicains, aussi chargée de sa restauration. Selon Martin Eichtinger, responsable de la culture au ministère des affaires étrangères à Vienne, ils doivent étudier pour la première fois le revers de cette coiffe, fixée avec des clous à un cadre de bois. Courant 2011, un livre consacré au Penacho - fruit de la coopération austro-mexicaine - fera le point sur l'état des connaissances.

L'objet n'a en tout cas jamais figuré sur la liste des cadeaux offerts par Montezuma au conquérant espagnol Hernan Cortes (que les Aztèques avaient identifié à l'une de leurs divinités, le serpent à plumes Quetzalcoatl), et devait être la coiffe d'un grand prêtre. « Il n'est même pas sûr qu'elle vienne du Mexique, indique Christian Feest, ancien directeur du Musée ethnographique de Vienne et membre de la commission d'experts. Elle pourrait aussi être originaire du Belize, ou du Guatemala » - qui a pris pour emblème le farouche quetzal resplendissant (Pharomachrus mocinno).

On sait, en revanche, comment le Penacho est arrivé en Autriche : avec une collection de « merveilles » exotiques, comme on en avait le goût à la Renaissance, acquise en 1590 par l'archiduc Ferdinand II de Tyrol. Pendant trois siècles, la coiffe est restée pliée dans un coffre, au château d'Ambras, puis à Vienne, où le responsable des collections de la maison Habsbourg l'a redécouverte en 1878. Elle était, déjà, en mauvais état : il a fallu remplacer par du bronze doré les plaques d'or en partie disparues, et les plumes manquantes (empruntées à l'origine à quatre espèces différentes) par celles d'oiseaux aux couleurs similaires - notamment de Sibérie. Heureusement, on n'était pas à court de plumes de quetzal, prisées à l'époque par les élégantes européennes.

Ainsi, dès la fin du XIXe siècle, le Penacho fut en partie « reconstruit », comme les plus célèbres pyramides mayas. Avant de devenir un mythe identitaire, et un objet de discours politique.
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