Les accusations du Mexique selon lesquelles une divinité Maya vendue lundi à Paris au prix record de 2,9 millions d'euros serait un faux, sont "totalement ridicules", a déclaré mercredi à l'AFP Jacques Blazy, l'expert en objets précolombiens qui a préparé la vente aux enchères.
"Les accusations du Mexique sont totalement ridicules. Elles n'ont pas la moindre base. C'est une pièce très connue qui a été complètement analysée", a assuré M. Blazy.
"C'est de la gesticulation, du bidonnage", a assuré à l'AFP le commissaire-priseur Jean-Claude Binoche, qui organisait la vente à l'Hôtel Drouot. "C'est une pièce extrêmement connue que personne n'a jamais contestée", a-t-il dit.
Le gouvernement mexicain a assuré mardi dans un communiqué que la divinité Maya n'était pas une oeuvre préhispanique authentique, mais une "pièce de fabrication récente".
"La pièce attribuée à la culture Maya et qui a atteint un prix record en vente aux enchères est une pièce de fabrication récente car elle n'appartient à aucune des cultures préhispaniques du Mexique", ont assuré dans un communiqué conjoint le ministère mexicain des Affaires étrangères et l'Institut national de d'anthropologie et d'histoire (INAH) du Mexique.
Selon ce communiqué, des experts de l'INAH ont établi, après un examen des pièces présentées à la vente aux enchères, que la divinité Maya n'était pas authentique et les autorités françaises en ont été averties par l'intermédiaire de l'ambassade du Mexique en France.
"La figure tente de reconstituer les traits propres à des représentations préhispaniques élaborées dans la zone Maya du sud-est du Mexique, toutefois tant la hauteur (165,5cm) que la posture avec les jambes fléchies et les lanières qui tiennent la chaussure ne sont pas caractéristiques de cette culture", précise le communiqué.
Les archéologues de l'INAH ont établi en outre que la statue, présentée par l'hôtel Drouot comme une divinité Maya de la période classique tardive (550-950 après J.C.), présente une "érosion apparente" faite en réalité dans le but de lui donner volontairement une apparence "d'usure et d'ancienneté".
Dans l'élaboration de la pièce ont été employées en outre des techniques propres à un "style libre" qui ne correspond à aucune caractéristique formelle ou stylistique des cultures préhispaniques du Mexique, selon les autorités de ce pays.
La vente de cette oeuvre provenait de la collection privée de l'industriel suisse Henry Law, composée de 200 sculptures en pierre.
La vente s'était montée au total à 7.452.914 euros, frais compris, avait indiqué Drouot dans un communiqué. La plus haute enchère s'était portée sur cette grande divinité assise présenté comme de culture Maya, aujourd'hui contestée par les autorités mexicaines. Le prix de vente s'était élevé exactement à 2.912.000 euros, frais compris.
source AFP
